Le groupe d’optique EssilorLuxottica voit ses bénéfices partir en fumée

Le groupe d’optique EssilorLuxottica voit ses bénéfices partir en fumée
Photo : Nor Gal / Shutterstock.com

Au cours du dernier semestre, EssilorLuxottica, propriétaire de Ray-Ban et Varilux, a vu s’évaporer la quasi-totalité de ses bénéfices. Entre-temps, la fusion planifiée avec GrandVision a débouché sur une guerre entre les deux parties.

 

Objectifs non atteints

En ces temps de pandémie, de nombreuses personnes ont reporté leur visite chez l’opticien, ce qui s’est ressenti sur les ventes d’EssilorLuxottica. Au cours du semestre écoulé, le chiffre d’affaires du géant de la lunetterie a affiché une baisse de 29 % à 6,2 milliards d’euros sur base annuelle. Le groupe franco-italien a traversé un creux en avril, mais a bénéficié d’une reprise en mai et juin, rapporte Le Figaro.

 

Les magasins mais aussi de nombreuses usines et laboratoires du fabricant de lunettes et de lentilles ont dû fermer leurs portes en raison des mesures sanitaires. Fermeture qui a provoqué un effondrement des bénéfices : le groupe a enregistré un bénéfice net ajusté de 7 millions d’euros, soit une baisse de pas moins de 99,3 % par rapport à la même période l’année dernière. Le bénéfice opérationnel de l’entreprise s’est établi à 126 millions d’euros, une chute de 91,7 % par rapport aux 1,5 milliard d’euros engrangés l’année dernière.

 

Le géant de la lunette estime que la situation reste encore trop incertaine pour se prononcer sur le reste de l’année et ne s’attend plus à atteindre ses objectifs financiers. « Cependant, il est probable que le troisième trimestre constituera une nouvelle période de transition vers la normalisation », ajoute l’entreprise. Parallèlement, EssilorLuxottica accélère son processus de numérisation et le groupe veut lancer des « innovations produits majeures ».

 

De la fusion à la bataille juridique

Entre-temps, l’union prévue entre EssilorLuxottica et GrandVision a, elle aussi, tourné au vinaigre. Le groupe franco-italien était parvenu à un accord de fusion avec le propriétaire néerlandais de Pearle et EyeWish, mais EssilorLuxottica a récemment intenté un procès à l’encontre ce dernier. GrandVision a refusé de communiquer les informations sur la gestion de l’entreprise pendant la crise du coronavirus, contrevenant ainsi aux conditions de la fusion, affirme le candidat acquéreur. GrandVision a réagi en demandant l’ouverture d’une procédure d’arbitrage grâce à laquelle il espère contraindre l’acheteur à honorer le contrat. 

 

EssilorLuxottica a répliqué que « la réticence de GrandVision et de HAL à fournir de telles informations a accentué les préoccupations de l’entreprise quant à leurs motivations et la mesure dans laquelle GrandVision a manqué à ses obligations ». La Commission européenne a également ouvert une enquête sur le projet d’acquisition. La fermeture obligatoire de certains magasins est d’ores et déjà une certitude afin de ne pas mettre en péril le libre marché.